ABTA : Association Bogso terre d'Avenir

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A la découverte du Cameroun… et de moi-même…

Voici plus d’un an que j’ai décidé de prendre en charge le spectacle de rue pour le Festival International Bogso-Eseka de 2011. Je passerai rapidement sur mes diverses angoisses, moi qui n’avais jamais voyagé au-delà d’un triangle Belgique-Angleterre-Portugal.

Avant même de fouler le continent africain ce fût le début d’une grande aventure. Les démarches administratives (passeport, visa) et sanitaires (vaccins). Mais surtout une aventure artistique car, pour faire simple, j’avais décidé d’écrire les textes de ce spectacle. Me voici donc dans la toute première étape : écrire des saynètes pour des comédiens (quel âge ? quelle origine ? hommes ? femmes ? combien ?...), dont l’histoire conviendrait au public local, dont la durée pourrait être adaptée et surtout, qui ne nécessiterait ni infrastructure, ni matériel lourd, ni décor ! Ouf ! Le concept est trouvé, défini, présenté à sa Majesté Jean-Félix NTOMP, chef traditionnel du village de Bogso, qui le valide avec enthousiasme.

Il faut donc se rendre à l’évidence : plus de temps à perdre ! Nous sommes en mars 2010 et il faut se mettre à l’écriture. J’établis un programme afin de dater les différentes étapes pour livrer les textes assez tôt aux comédiens. Au fait, qui seront les artistes ? Un appel à candidats est lancé en France et au Cameroun. Quelques semaines s’écoulent… Finalement, une association de jeunes, dans la ville d’Eseka, est prête à relever le défi. Mais distance oblige, les jeunes s’interrogent et doutent de la faisabilité du projet : ils n’ont jamais fait de théâtre, l’auteur et metteur en scène du spectacle réside en France et est peu disponible… Aïe !

Semaine après semaine les choses se concrétisent, pour eux comme pour moi.

En juillet, Sandra NTOMP leur apporte une première partie des textes et entreprend de galvaniser la petite troupe. En septembre, un deuxième voyageur, Claude PLAGNARD, se fait le messager des derniers textes, fait remplir un petit questionnaire que j’ai conçu pour prendre connaissance des besoins et désirs des volontaires. Il peut leur visionner un DVD (ou Sandra m’interview pour apporter quelques explications sur le spectacle et l’organisation). Ils découvrent donc qui je suis et apprennent que je les rejoindrai pour une semaine de travail fin octobre. Les jeunes se lancent alors dans l’apprentissage des textes, soutenus par les dirigeants de l’association.

De mon côté, grâce au compte-rendu de Claude et aux questionnaires complétés qu’il a rapporté, je fais un peu connaissance avec le groupe.

Enfin octobre et mon envol pour le Cameroun. Je reviendrais plus tard sur ma découverte des lieux, de la nature, des habitants, des mets…

Après un accueil chaleureux à l’aéroport, puis à la chefferie du village, où je suis hébergée : courte nuit ! Dès le lendemain j’entame le marathon des visites protocolaires auprès des autorités. Puis je rencontre le groupe de jeunes. Présentation et tour de table nous permettent de faire connaissance. Timidité ou extraversion, toute la palette des émotions est au rendez-vous…

Une surprise m’est réservée : danses traditionnelles ! Les rythmes ne me laissent pas insensible et je réponds avec plaisir à l’invitation à rejoindre les danseurs en pleine prestation. Transportée de bonheur, j’exulte !

Dès le lendemain le travail commence. Cinq jours intenses de répétitions, jeux d’improvisations, de placement de voix et exercices pratiques pour expérimenter les bases du jeu de scène. Encourager, conseiller, corriger, guider, former… Les jeunes sont très réceptifs et motivés. Le travail est bien avancé. La formation fournie doit leur permettre de travailler seuls jusqu’à mon retour. Nous n’aurons qu’une semaine pour affiner et perfectionner l’ouvrage avant le festival. Le temps de rappeler à toute la troupe l’importance de la discipline dans la régularité des répétitions et c’est l’heure des félicitations, remerciements et encouragements avant mon départ. On improvise une séance photos, échanges de coordonnées, accolades et bisous puis on se quitte en se donnant rendez-vous en février 2011.

Je reprends l’avion pour retrouver les miens et reprendre mes activités, le cœur et l’âme remplis de merveilleux souvenirs… Vivement février pour la deuxième partie de l’aventure.

Je reviens maintenant sur le voyage en lui-même et ses répercutions humaines. Ce fut un réel bonheur d’un bout à l’autre. Du survol des régions sahariennes aux couleurs incroyables, à la découverte des parfums et odeurs variés, des mets succulents, ou de la végétation époustouflante. J’y ai fait de multiples rencontres humaines : les jeunes, les enfants des écoles de Bogso, la population locale

(y compris les pygmées !), découvert des paysages et une végétation splendides, ai maîtrisé du mieux que possible ma phobie des « bestioles »…

Un grand pas de franchi et de multiples prises de conscience qui ne m’ont pas laissé indifférente c’est certain. Bref, une expérience que je recommande à tout un chacun.

Vivement le prochain décollage !!!

Muriel

 

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